Les différentes étapes

22-Pissefontaine-Le Château des ifs

Localisation : Pissefontaine

Historique

Février 1989 : A Triel-sur-Seine, le projet immobilier porté par le Promoteur Promogim s’invite dans la campagne des élections municipales !

En effet, dans son article du 8 février, le Courrier des Yvelines titre : « Amour Quijoux veut sauver le Château des Ifs promis à la destruction ». Le permis de démolir accordé par la municipalité en place constitue, pour lui, une nouvelle erreur de celle-ci !

ID596 01 Chateau des IfsLe projet d’aménagement du parc de 12.000 m² prévoit vingt-sept maisons basses. Une opération immobilière qui n’est possible qu’après la destruction du petit château et de ses dépendances...une décision qui a le don d’exaspérer l’équipe d’Amour Quijoux, candidate aux prochaines élections municipales de mars 1989.

« C’est en visitant le quartier de Pissefontaine que j’ai découvert la pancarte sur la grille de ce petit château...Il est regrettable de détruire un bâtiment que l’on peut qualifier d’historique, qui fait partie de la mémoire de Triel. On pouvait prévoir des équipements publics, un lieu d’accueil pour personnes âgées, etc...On peut laisser à l’imagination toute les possibilités...De plus en plus, l’homme tient à sauvegarder les vieilles pierres, symbole de son passé, en les réanimant, honorant ainsi la mémoire de ses ancêtres. Pissefontaine, vieux village de Triel, mérite qu’on s’y arrête. »

Parallèlement à cette position d’un nouveau prétendant à la mairie, une pétition de riverains est en circulation et recueille l’adhésion de nombreux habitants du secteur. Ainsi, les archives de l’association « Pissefontaine mon village » nous rappellent le contexte de ce rapport de force :

Pissefontaine mon village fit sa première réunion publique Halle de la Gare le jeudi 20 avril 1989 – plus de 100 personnes présentes – et les statuts furent déposés en Préfecture le 5 mai suivant : « Le dossier de la démolition, nous l’avons appris, hélas, bien après sa signature par l’équipe Lepoutre le 22 octobre 1988… »

En mars, une nouvelle municipalité est sorti des urnes et le Maire Amour Quijoux ne cache pas sa volonté de revenir sur le projet de vente de la propriété du Château des Ifs à la société Promogim et sur la destruction de la grande bâtisse.

Après plusieurs mois de mobilisation, tant des habitants de Pissefontaine que de la nouvelle équipe municipale, après nombre de lettres et d’appels à l’aide auprès de tous les échelons de l’administration et de l’État – Le Premier Ministre Michel Rocard demandera au Préfet de « procéder à l’examen attentif de ce projet et de ses conséquences sur l’environnement »...après une ultime tentative d’opposition, le 22 juillet, avec l’organisation d’une manifestation qui démarre à 10 heures devant le Château menacé et ensuite parcourt la ville et cloue « virtuellement au pilori » le Promoteur !

ID596 02 Chateau des IfsLe 2 août, le Parisien titre : TRIEL, UNE GRANDE IDÉE CONTRE UNE BELLE AFFAIRE et rend compte de la situation... d’un côté le promoteur qui a acheté la propriété en toute légalité. Face à lui, la municipalité et les riverains qui voudraient rendre le Château au public et créer sur ce terrain une école qui fait défaut dans ce quartier… Lors de la manifestation, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la propriété. « Une belle mobilisation pour une petite ville comme Triel », note M. Pagès, un proche riverain. Mais il est à craindre pour eux que cette action reste sans effet, face à un promoteur fort de son bon droit.

Mais rien n’y fait et on peut lire dans la presse du 4 août la manchette suivante : « Le Château des Ifs de Triel abattu hier ! Ils nous ont trompés depuis le début, estime le Maire. »

Devant quelques dizaines de témoins impuissants, l’entreprise de démolition est entrée en action et le projet alternatif de la municipalité est tombé en poussière…

La présidente de Pissefontaine mon village, Madame Fernandez-Bravo, écrira :

ID596 03 Chateau des Ifs« ...Les promoteurs ont prouvé une fois de plus qu’ils n’avaient rien à faire de ce que pense la population...Nous avons perdu une bataille, mais pas la guerre. Aujourd’hui, il faut en tirer les enseignements :

Premièrement, nous constatons que la population de Pissefontaine, bien qu’ayant répondu à notre appel, est encore, disons-le, trop dispersée. Nous ne sommes pas tout à fait bien soudés pour faire bloc devant un phénomène de cette nature, c’est-à-dire un promoteur qui connaît bien toutes les ficelles de son métier et poursuit impassiblement son objectif : FAIRE de l’argent envers et contre tous !

Deuxièmement, notre association est encore trop jeune et n’a pas le réflexe de ces autres associations rompues aux problèmes posés par les requins de l’immobilier (ex. la piscine Molitor).

Troisièmement, il apparaît qu’il faut être très vigilants et s’attaquer aux problèmes dans l’œuf pour empêcher qu’ils se développent et ne deviennent irréversibles, comme cela fut le cas pour les IFS…

...Pissefontenois, on a perdu un château, mais nous n’avons pas perdu l’esprit de lutte pour préserver le patrimoine qui nous reste encore. Les Ifs était l’un de nos objectifs c’est vrai, mais tous les autres objectifs : Bois de l’Hautil, espaces verts, maisons rurales, fêtes de la convivialité...nous attendent ».

Depuis près de 30 ans, les choses n’ont guère changé…

 

Jean-Pierre HOULLEMARE pour « TRIEL, MEMOIRE & HISTOIRE ».

Sources : Archives personnelles de D. Biget – Articles de Presse – Archives associatives.

 

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