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Compte rendu de la conférence « Les Grands Magasins parisiens »

Salle comble, ce samedi 9 mars 2024, pour assister à la conférence préparée et présentée par Françoise DESMONTS, qui, fidèle à sa méthode croisait les citations et les anecdotes pour illustrer le panorama de l’évolution des méthodes commerciales, notamment au cours des trois derniers siècles, en miroir de la révolution industrielle.

Elle ne manqua pas de planter le décor en rappelant les origines des échoppes du Moyen-âge, qui ne vendaient qu’un seul type de produit, l’action des marchands ambulants, les « colporteurs » qui diffusèrent les nouveaux produits et les idées, ainsi que la corporation des « merciers » qui dès le XIIIe siècle avaient la possibilité de vendre une multiplicité de produits, alors que les autres corporations étaient tenues de ne vendre que ce qu’elles fabriquaient. Et de citer la définition de Diderot, dans l’Encyclopédie «Merciers, marchands de tout, faiseurs de rien»

ID349 01 Grands Magasins ParisiensLe XVIIIe siècle consacre l’apparition des boutiques de frivolités et de mode dont Rose Bertin, créatrice en vue qui fit tourner la tête de nombreuses dames et aussi… de leurs maris ! C’est alors qu’apparaissent les «magasins de nouveautés» où l’on trouve de tout, comme dans la rue-galerie du Palais-Royal ou l’enseigne « AU TAPIS ROUGE » de la rue du Faubourg Saint-Martin. On en comptera plus de 400 à Paris !
Vinrent ensuite les « bazars » qui proposaient des objets du quotidien utiles à toute la population. Le Bazar de l’Hôtel de Ville restera le plus connu. Boutiques de nouveautés et bazars seront rapidement détrônés par les grands magasins qui vont éclore sur les grands boulevards tracés dans le Paris du XIXe siècle du baron Hausmann et de l’Empereur Napoléon III.

Hormis deux parisiens, Dufayel et Parissot, tous les autres fondateurs de Grands Magasins sont d’origine provinciale. L’occasion pour notre conférencière de dresser un portrait savoureux de ces « Rastignac » et de leurs compagnes ou épouses, souvent issues du personnel des établissements où ils se rencontrent ou qu’ils dirigent. L’ascension sociale de tous ces entrepreneurs s’inscrit dans le sillage de leurs premières armes dans le commerce et du développement de leur propre enseigne : ainsi Aristide Boucicaut n’entre « Au Bon Marché » que dix ans après l’ouverture, devient associé en 1852 et il ne possédera l’entreprise que dix ans après…

Après avoir disséqué l’évolution de tous ces « nouveaux managers », les Jaluzot, Ruel, Chauchard, Cognacq (et sa femme Jay), Barderet et Kahn, Françoise Desmonts s’est attachée à peindre les difficultés pour les patrons de surmonter toutes les épreuves et pour les employés de survivre dans un univers très dur, encore sourd aux aspirations de progrès social. Elle aborda enfin les réflexions sur l’évolution de l’architecture et la structuration des espaces de vente, la décoration, la réclame devenue publicité, les nouvelles méthodes de vente et d’organisation.

Se souvenant d’un défilé de prêt-à-porter à la Samaritaine, elle ravivait les souvenirs dont celui de cette ancienne parisienne qui « entendait encore le crissement des escalators en bois ! ». Très bonne ambiance pour cette conférence qui tenait en haleine pendant plus d’une heure et demie un public très intéressé et réactif, très nombreux également à consulter les huit panneaux de l’exposition et à se procurer sur le stand « librairie TMH » la monographie rédigée par notre conférencière, afin d’approfondir la connaissance de ce sujet.

Grand merci à Françoise pour la qualité de ses recherches et de cette restitution en tout point réussie.
Jean-Pierre HOULLEMARE

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