Echos de nos manifestations

Compte-rendu de la conférence « La meulière, de la meule à la villa »

ID380 02 La meulièreSoleil magnifique, samedi 28 mars 2026, pour la conférence proposée par Françoise Desmonts sur la thématique de cette pierre, abondante dans certaines régions dont le Bassin Parisien, et en conséquence bien présente dans le paysage triellois. Un temps propice donc pour donner à la très nombreuse assistance (pas une chaise de libre!) l’occasion d’approfondir nos connaissances sur ce matériau tellement vivant sous les rayons de notre étoile…

Fidèle à sa méthode, Françoise commença par proposer un déroulé de cette conférence, en insistant sur la dimension humaine de cette activité pratiquée par les « mains bleues », très exposées aux maladies professionnelles peu reconnues à cette époque de la fin de XIXe siècle, et de l’entre-deux-guerre ! Elle nous entraîna ensuite dans les carrières de la Ferté-sous-Jouarre, connues du monde entier pour la qualité de la pierre utilisée dans la fabrication de ces énormes meules qui permettaient de moudre la farine indispensable à la fabrication du pain, nourriture essentielle à cette période.

Après avoir traité du transport depuis la carrière jusqu’à la manufacture, puis de l’usine jusqu’au client final, parfois situé au bout du monde, notre conférencière nous présenta les différents types de matériaux, leurs nuances de granulométrie et de couleur, ainsi que les différents
types de construction. Pour construire, il fallait des maçons, bien sûr, mais aussi des architectes qui donnèrent leurs lettres de noblesse aux différents types d’ouvrages, qu’ils soient publics (Mairie, écoles, prisons, monuments, etc) ou privés. C’est ainsi que se développe un réseau de concepteurs de maisons, modestes pour beaucoup, dans le cadre de cités-jardins et de réponse à la loi Loucheur, ou de villas – souvent secondaires – pour de riches particuliers sensibles au charme du style anglo-normand.

Les architectes, dontID380 03 La meulière le diplôme ne sera conçu et délivré qu’en 1914, sont d’abord des dessinateurs de résidences modèles dont les caractéristiques sont diffusées au travers d’articles dans les revues spécialisées, mais qui passent à la réalisation concrète avec l’utilisation de matériaux variés – pierres meulières, moellons, pierre de taille, bois, verre, céramique, fer, tuiles et poteries – et l’élaboration d’une technique de mise en œuvre pour l’appareillement des façades et les différents volumes des toitures. La créativité est reine et les façades lisses et monochromes laissent la place à des modénatures qui animent les surfaces, des tons différents qui se répondent, des volumes variés pour les toitures, et des bois de charpente et de décor toujours plus ouvragés, sculptés, et peints.

A Triel et dans tout notre bassin de vie, on rencontre les noms de Théophile Bourgeois à Poissy, Ernest Petit à Meulan, Langenove à Triel, Lecoeur à La Frette-Montigny, et bien d’autres. Les exemples de réalisations toujours présentes, notamment dans notre commune, furent nombreux et le public très attentif et souvent personnellement intéressé par ce type d’habitat, ne fut pas avare de questions à la fin de cet exposé d’une heure trente, riche de références, citations et illustrations.

Petit clin d’œil, sorte de clap de fin : La publicité pour le lotissement Nacarat rue Galliéni dont un argument de vente est qu’il est « situé dans un environnement composé de belles demeures en meulière ».

Un grand merci à Françoise Desmonts pour la qualité de cette présentation et pour la rédaction de la monographie dont la totalité fut (trop) rapidement épuisée ! A quand une réédition ?

Jean-Pierre Houllemare
le 1er avril 2026

ID380 04 La meulière

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