Laissons l’introduction à notre Présidente :
Bonjour à toutes et tous et merci pour votre présence, si nombreuse cet après-midi (effectivement, on ne compte plus une seule chaise libre dans la salle Grelbin).
Nous avons le grand plaisir de recevoir une nouvelle fois Madame Martine Le Blond – Zola, qui nous avait fait l’amitié d’intervenir en février 2018 (déjà 7 ans) pour évoquer le souvenir très vivace de son aïeul, son destin exceptionnel, sa vision du monde, ses combats.
Aujourd’hui, c’est Madame la Vice-Présidente de la « MAISON ZOLA – MUSÉE DREYFUS » qui
s’est impliquée corps et âme dans ce beau projet culturel et citoyen, devenu une étape incontournable dans le parcours des hauts lieux de mémoire et de lutte contre toutes les discriminations.
Merci Madame d’avoir choisi ce nouveau thème des relations et de l’action menée par Émile Zola envers les artistes - peintres de son époque. Nul doute que vos auditeurs, dont beaucoup étaient déjà présents en 2018, seront également passionnés par vos propos, ce soir ! Place donc à l’histoire et à l’évocation de cet engagement qui fait de votre arrière-grand-père un exemple de lanceur d’alerte et d’avocat hors du commun.
Dès lors, notre conférencière invitée s’est attachée à brosser avec précision les grands moments et les échanges plus intimes qui marquèrent cette tranche de vie. Ainsi, en 1866, il prend position pour Édouard Manet dont les œuvres scandalisaient. Manet remercie Zola en peignant et en exposant au Salon son portrait en 1868. A Paris, Zola fréquente Pissarro, Monet, Renoir, Bazille, Fantin-Latour… Zola défend ces artistes maudits, « les refusés », en combattant pour la modernité et en dénonçant la dictature de l'Académie des Beaux-Arts. Zola défend la peinture impressionniste qui représente la nature directement observée. Zola souhaite également sentir un homme, une personnalité dans un tableau. Chaque fois que nous lisons une page de Zola, nous pouvons l'imaginer sur une toile. Zola est un écrivain-peintre.
Par exemple, Zola s'inspire des tableaux de Monet sur la Gare Saint-Lazare pour écrire La Bête Humaine. Zola a été inspiré par maintes peintures des impressionnistes, mais ses livres ont également beaucoup frappé les imaginations des artistes. Par exemple, le thème du café a souvent été repris par les peintres après la publication de L'Assommoir. Citons, entre-autres, Manet avec son tableau : La Prune.
Au cours de cette conférence, seront naturellement exposées les relations que Zola a entretenues avec Cézanne, cet ancien camarade aixois qu'il avait persuadé de venir étudier la peinture à Paris. A ce propos, Madame Le Blond-Zola nous partagea l’une des lettres, très émouvante, de Zola à son ami auquel il expliquait un rêve où, enfants, ils imaginaient une œuvre commune, l’un écrivant et l’autre illustrant, et les lettres d’or qui ornaient l’ouvrage et mêlaient leurs deux initiales !
Impossible d’évoquer toute cette période sans aborder l’intimité d’Alexandrine, jeune fille très modeste, rompue au rude ordinaire de nombreux petits métiers, devenue la maîtresse de maison d’un lieu de rencontres littéraires passées à la postérité.
A l’heure des questions, après plus d’une heure et demie d’exposé, émaillé de documents d’époque, chacun mesurait l’intérêt qu’il prendrait à lire – ou à relire – les œuvres de Zola. L’occasion pour notre conférencière d’évoquer la production de contes écrits par l’auteur et qu’elle espère bien réunir dans une prochaine conférence, à Médan assurément, mais aussi, pourquoi pas, à Triel ?
JPH