Rendez-vous avec  Madame

15 septembre 2018. Temps superbe.  La Seine est calme. Triel en fête s’anime tôt le matin. Les lointains voisins d'outre-Rhin sont venus nombreux. Cinquantième anniversaire du Jumelage Triel-sur-Seine/Seligenstadt oblige : 1968 n'est pas si loin et la joie de se retrouver, de se rencontrer est restée intacte.

Au bord de l'eau, rive gauche, juste en face du Chantier naval de M. Mallard, une structure de toile blanche abrite, bien alignés, des séries de documents anciens qui vont attirer une multitude de visiteurs. Grands et petits discutent, s'interrogent : Qu'expose-t-on ? Qui est présent ? Pourquoi cet enthousiasme ? Et ces vidéos c'est quoi ? Dès le premier coup d'œil la réponse éclaire les visiteurs, les exposants expliquent : c'est Guy de Maupassant qu'on honore ! A l’initiative de Triel, Mémoire et Histoire son séjour en 1889 à la villa Stieldorf  y est largement évoqué.

Cartes postales anciennes du Triel de jadis, la maison qu'il habita, ses amis et voisins, leurs activités et surtout sa passion : le canotage ! A cette occasion et pour recréer cette  ambiance Belle Epoque, une des barques de l’écrivain qui navigua réellement ici en son temps, a été convoyée depuis Chatou. Fière réplique de son ancêtre, elle sera la vedette de l’évènement et la foule ne s’y est pas trompée. Tout le monde est là pour assister à sa mise à l’eau… Mais ce n’est pas tout ! Un sosie (plus vrai que nature) de l’écrivain   embarque  avec deux amies très chères : l’une habillée de blanc représente la première femme de Georges Bizet, la seconde, habillée de noir  joue un autre rôle, celui de la petite-fille d’Alexandre Dumas père… Un jeu ? Non mais la reconstitution d’une photo d’époque qui représente cette scène immortalisée par le comte Primoli, un ami italien de Guy de Maupassant.

Quel choc d’assister à ce spectacle incroyable, à ces allers/retours sur fond de paysage triellois, joyeusement  animé par les voiliers du Yacht-club tout proche, dans une ambiance musicale de chansons populaires que tous les assistants reprennent en chœur.  

Les photos de référence qui ont servi à la reconstitution ont été agrandies et sont exposées  sous la tente non pas pour le plaisir des yeux mais pour que chacun découvre l’aspect de cette rivière qui nous est familière et puisse aussi voir le vrai Guy de Maupassant hors des portraits très connus et figés que les photographes de l’époque nous ont transmis.               

Le clin d’œil à l’Histoire que les associations TMH et SEQUANA se sont autorisées ce 15 septembre. En effet,  le déplacement en valait la peine car il leur a permis, étonnés mais ravis, de charger dans leur boîte à souvenirs une rencontre avec Madame devant ce chantier Mallard qui a vu passer tant d’évènements nautiques…  Ah ! J’oubliais ! Madame, c’est le nom de la barque !

NB : L’ouverture de la manifestation était assurée par le Ski Nautique de Triel, que ses participants soient ici remerciés. Ils ont apporté une note d’émotion au regard de ces drapeaux allemands, européens et français fièrement déployés au-dessus du fleuve.

Merci au musée de la Vallée de Chevreuse pour le prêt du film sur Maupassant, et à l’association Arts et chiffons pour sa belle figuration.

 

Claude Barouh

ID616 01Exposition d’agrandissements des photos du Comte Primoli prises lors de sa visite à Maupassant à Triel en 1889 (Photo CsB).  ID616 02Des visiteuses plus vraies que vraies ! (Photo CsB) 
ID616 03Le stand de TMH dont les ventes ont ravies les visiteurs (Photo CsB)  ID616 05Reconstitution de la partie de canotage photographiée par le Comte Primoli à Triel. En blanc : la première femme de Georges Bizet, en noir : la fille d’Alexandre Dumas fils. (Photo CsB) 
ID616 06M. Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine et M. Daniell Bastian, maire de Seligenstadt lors de la mise à l'eau de Madame, la barque. (Photo CsB)  ID616 04TMH n’est pas à l’abri d’un anachronisme surtout s’il est gastronomique. (Photo CsB) 
ID616 07Le petit train est passé et repassé devant le stand de TMH déverssant son lot de visiteurs qui n’auraient pas traversé la Seine s’ils n’avaient pas été transportés jusqu’à la rive gauche. Merci les organistaurs ! (Photo CsB)